Press speaking

Home > Sensei Lavorato > Karaté Magazine - Oct. 2003

Partenaire d'entrainement : Christian Babille

ALLUMER LA FLAMME

«À dix-huit ans, je faisais de la gymnastique avec une bande de copains. Le professeur se mettait dans un coin pour frapper dans un sac et faire des techniques dans le vide. C'était du karaté. On était en 1962, personne ne connaissait ça. "Si ça vous intéresse, je vous fais cours gratuitement". J'ai dit oui, pour faire comme les autres. Le samedi suivant, j'étais tout seul ! Pendant six mois, Monsieur Mercier m'a fait un cours particulier de neuf heures à midi. Et puis il m'a dit : "Jean-Pierre, tu as des qualités, il faut que tu ailles t'entraîner ailleurs". Il n'y a pas de hasard pour moi. Ma chance a été de rencontrer une nature honnête et généreuse, un homme qui a deviné une petite chose latente en moi qu'il a su faire éclore... J'avais un naturel passionné, il a su me donner la flamme. Ce qu'il a ouvert en moi, c'est une grande passion pour le karaté. Une passion telle qu'elle a tout emporté. »

PRÉDISPOSITIONS
POUR LA PASSION

« Quand on me parle de prédisposition, cela me fait sourire. Moi je dirais plutôt que c'était de la volonté ! De ma banlieue du 91, il fallait que je fasse 10km à vélo pour aller faire de la culture physique, ce que je faisais régulièrement. Je continuais à aller m'entraîner avec M. Mercier le samedi, et le reste du temps à Paris. J'avais d'abord 15km en voiture, ensuite une heure de train, ensuite je prenais le métro... Et bien sûr il fallait que je m'entraîne jusqu'à la dernière goutte de sueur. Souvent je ratais mon train, je rentrais à minuit à la maison. Pour le karaté, je me serais fait couper en deux. Je ne pensais qu'à ça, je ne faisais que ça. Ce n'était pas un sacrifice non plus. À ce niveau de passion, on ne compte pas, on ne calcule plus rien. On trouve cela normal. »



<< Page précédente Page suivante >>